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La Sémiologie humaine

La Sémiologie humaine 2017-11-29T16:58:11+00:00

Project Description

La sémiologie humaine, une autre façon de recherche et d’éducation de l’écologie et de l’économie de l’environnement dans les formations universitaires

(traduit de l’espagnol)

Ludo Pinckers

Conférence donnée à l’Université de Pinar del Río (Cuba) en octobre 2017: « L’université face au défi de la durabilité »

Introduction

Un demi-siècle d’éveil et de sensibilisation pour l’environnement n’a pas contribué à une amélioration de la gestion écologique ; bien au contraire, la situation s’est aggravée. Alors s’agit-il d’un manque de savoir ou de volonté pour aboutir à des mesures de sauvegarde et de gestion de l’espace dans lequel l’espèce humaine doit (sur)vivre ? Au lieu de commencer le débat quelque part au milieu du processus malmené, je vous propose une observation qui retrace le parcours de l’intégration écologique de l’être humain depuis ses origines, c’est-à-dire dans sa constitution originelle. Observer le patient est bien un des premiers actes du médecin quand il est appelé à examiner un malade. Peut-être que l’observation effectuée jusqu’à ce jour par les scientifiques et les responsables politiques, voire par la société civile, n’a pas été à la hauteur de l’enjeu réellement prévalent ? L’être humain ne serait-il pas resté trop au centre de la recherche de solutions, fragmentant ainsi davantage le cheminement vers une existence intégrée ? Est-ce que la conception-même de la science et de la volonté tournées vers l’étude de l’environnement ne pourrait pas être un obstacle à une observation authentique ? Par la sémiologie humaine je souhaite proposer quelques clefs de lecture différentes que celles pratiquées jusque à ce jour.

Les sept piliers de la sémiologie humaine

  • L’Homéostasie

L’homéostasie est l’ensemble des phénomènes d’autorégulation, conduisant au maintien d’une constance relative dans la composition et les propriétés de l’environnement interne d’un organisme ou d’un système biologique. C’est le système de régulation qui établit la nature d’une existence ou d’un ensemble biotique. Par exemple, lorsque la température ambiante augmente, l’homéostasie d’un mammifère permet de maintenir la thermorégulation du corps à une constante spécifique, propre à son espèce.

L’observation de l’homéostasie donne des informations fondamentales sur la configuration de l’environnement et permet de mettre en évidence les exigences de l’évolution et du développement de l’être humain. Ainsi, l’étude de l’homéostasie est essentielle pour déterminer les modalités de la présence et de la coexistence de l’être humain dans l’environnement, à la fois en tant qu’ensemble d’entités biologiques et en tant qu’écosystème physique et biotique. En ce sens, par exemple, la seule observation de l’homéostasie de la cobalamine (vitamine B12) nous donnera des indications sur la manière de gérer l’effet de l’espèce humaine sur l’environnement, en tenant compte du fait que la vitamine B12 est un élément important dans la consommation de protéines d’origine animale, et donc de l’incidence de la production animale sur l’environnement.

Finalement, l’homéostasie est la partie de l’ontologie qui nous donne des informations sur la causalité d’une existence et, dans le cas d’une existence biologique, sur la configuration génétique.

  • Le Syndrome Générale d’Adaptation

Le Syndrome Général d’Adaptation (SGA) consiste en la réponse de l’organisme à une situation de rencontre ou de confrontation avec des phénomènes environnementaux. Il a été étudié par Hans Selye (médecin hongrois-canadien, Vienne 1907-Montréal 1982) dans sa forme pathologique, mieux connu sous le nom de phénomène de stress. L’étude de Selye nous a appris comment un organisme réagit face à une confrontation ; de cette façon, il nous a enseigné la capacité et les dispositifs d’adaptation d’une existence. L’adaptation est un mécanisme essentiel pour la survie et fournit des informations sur la façon dont l’environnement est constitué en général, et un biotope en particulier. La compréhension des différentes phases du SGA nous permet d’acquérir une connaissance fondamentale sur les équilibres précaires et les besoins spécifiques des coexistences présentes dans l’environnement.

Pour élucider la constitution du SGA, nous pouvons utiliser un modèle explicite de confrontation, par exemple, la confrontation entre un prédateur et sa proie. Dans la figure 1, nous représentons le schéma établi par Selye, complété par quelques éléments innovants (surlignés en vert).

Texte alternarif

 Figure 1. Le Syndrome Général d’Adaptation dans le cas d’une prédation

Ce schéma nous montre comment une confrontation implique un ensemble de phénomènes adaptatifs essentiels à la survie de la proie (et mutatis mutandis du prédateur). Nous pouvons dire qu’un environnement intérieur d’une existence est obligé de motiver son état référentiel, en ce sens qu’il doit orienter son action face à la confrontation, constituant un cadre d’expérience et de mémoire de l’altération en cours, en l’occurrence environnementale. Ainsi, l’effectivité de la perception et de l’action est intégrée au profit du développement d’une mémoire exogène comme action de contenir et de recevoir des informations extérieures dans les limites de la nature d’une existence. Mais nous savons que le prédateur (ou « l’autre être » dans une confrontation non prédatrice) doit également s’adapter à la situation qui prévaut et emprunte dès lors un chemin biologique similaire. Si nous prenons en compte la pluralité d’un environnement existentiel, surgit ce que nous appelons la plasticité de l’adaptation de l’environnement. Il s’agit de l’adaptation dans sa configuration syndromique[1], constituant le cadre général de la relation et de la confrontation comme élément fondamental du phénomène de développement, en l’occurrence celui de l’espèce humaine. La confrontation, la relation et l’adaptation sont des leviers fondamentaux de la progression de l’existence et de l’environnement en tant qu’ensemble de mécanismes de développement.            Figure 1. Le Syndrome Général d’Adaptation dans le cas d’une prédation

En résumé, le Syndrome Général d’Adaptation est la partie de l’ontologie qui nous donne des informations sur l’effectivité (organique, climatologique, géobiologique, etc.) d’une existence. Ce qui, dans le cas d’une existence biologique, se traduit par ce que nous appelons l’épigénétique. En ce sens, le SGA peut jouer un rôle important dans l’étude des possibilités de préservation, de sauvegarde ou de restauration de l’environnement.

  • La Continuité Ontogénique

Un environnement sans continuité ontogénique n’aurait pas de sens (ni spatial – la direction dans l’espace -, ni rationnel), il ne subsisterait pas. Dans cette observation de l’environnement nous prenons en considération la continuité biologique et la reproduction sexuée. Non seulement elles configurent de manière décisive l’espace environnemental (le biotope), mais elles constituent également des leviers importants de différenciation comportementale, avec des effets épigénétiques significatifs. Ainsi, la configuration de la reproduction des singes dans un contexte de changements géo-climatiques, il y a plus de 4 millions d’années, a été déterminante pour l’avènement d’une espèce pourvue de capacités intellectuelles qui ont généré un développement aux effets environnementaux particulièrement intrusifs.

Dans l’observation de l’environnement, la reproduction est un espace fondamental tant dans sa configuration biologique que dans sa détermination comportementale. L’Homéostasie et le Syndrome Général d’Adaptation trouvent dans la reproduction un milieu ontologique qui leur permet de configurer la coexistence des êtres vivants, conduisant à la différenciation de l’environnement.

  • La Proprioception

La proprioception est la perception qu’une existence a d’elle-même. En biologie, il s’agit de l’un de ces schémas posturaux sans but externe, où le corps joue une sorte de monologue moteur avec la conscience de ses attitudes, avec son équilibre ou simplement avec le libre jeu de ses passions. C’est le sentiment qu’un être a à travers le mouvement, déterminé par la gravité staturale, la kinesthésie et la perception cutanée. C’est une composante fondamentale du fonctionnement écologique de l’espèce et de l’intégration dynamique des individus dans l’environnement.

Si nous observons l’être humain au cours de son évolution et de sa différenciation en tant qu’espèce, nous voyons que la proprioception a joué un rôle fondamental dans les effets environnementaux. D’abord en tant que cueilleur et chasseur, ensuite en tant que fermier et mineur, l’effet de l’homme sur l’environnement était en grande partie déterminé par la façon dont il se percevait dans son environnement[2]. Finalement, c’est la prédominance de cette perception qui a affecté de manière décisive la configuration de l’environnement, traduite par les changements climatiques et les dommages à la biodiversité. Observer l’environnement sans tenir compte de la proprioception peut impliquer une fragilité tant sur le plan intellectuel que sur le plan opérationnel.

  • La Simulation intégrée

Par différentes observations éthologiques, neurologiques et neuropsychologiques, il a été constaté que, quand un être humain observe quelqu’un d’autre faire un geste de la main en relation avec un objet, cela active chez lui le même réseau cérébral que celui qui est activé durant une action semblable effectuée par lui-même. L’observation d’une action effectuée par une autre personne active chez l’observateur le même mécanisme neuronal comme s’il l’avait exécuté lui-même. Il a été reconnu que ce mécanisme est la base d’une forme de compréhension de l’action. Il s’agit de la Simulation Intégrée (SI) qui est une condition sine qua non pour la mise en place d’un cadre de vie de la coexistence humaine. C’est le fait que l’effectivité de l’observé intègre la causalité de l’observateur (figure 2). Un espace élémentaire d’application de ce mécanisme neuronal est la communication verbale. Sans la SI, les êtres humains ne seraient pas capables de communiquer ou de se comprendre[3].

Figure 2. L’effet de l’autre observé se transforme dans la cause de l’observateur

Cependant, la pertinence de la simulation intégrée en tant qu’outil sémiologique ne réside pas tant dans sa signification psychosociale – bien que cela soit aussi important – que dans la compréhension de la domination écologique de l’être humain. En effet, le dynamisme évolutif de la SI dans la configuration écologique de l’espèce humaine explique en partie la progression exponentielle des effets environnementaux de cette espèce. Le paroxysme du développement humain, culminant dans ce que nous appelons le point Khi (voir ci-dessous,) s’explique précisément par les triturations propres à la praxis configuré par la SI.

  • Le Conditionnement

Compte tenu de leur complexité, on peut admettre qu’une partie importante des actes de survie dans l’environnement est opérée par des actions conditionnées, sachant ces actions survie sont organiques, c’est-à-dire pourvu d’une mémoire.

Le conditionnement classique, mieux connu comme réflexe de Pavlov, a une importance considérable comme levier d’affectation de l’environnement, ne fût-ce que par sa performance dans la société de consommation. Or, dans la sémiologie que nous proposons, nous voulons nous tirer l’attention sur un conditionnement qui a une influence importante sur la configuration de l’environnement. C’est le conditionnement instrumental ou le réflexe de Skinner[4]. Il s’agit d’un phénomène résultant de l’apprentissage associatif (mémoire implicite) qui relie le comportement et ses conséquences. Un exemple courant de cet apprentissage est celui d’un animal affamé qui se trouve dans un environnement limité, telle une cage, dans laquelle il y a des leviers qui peuvent être actionnés d’une manière ou d’une autre. Que ce soit pour des raisons d’apprentissage préalable avec des objets similaires, ou à la suite d’une activité issue du hasard ou de l’altération liée aux troubles de la faim, l’animal activera spontanément ces leviers (trial and error). Si, à ce moment-là ou dans un délai défini, l’animal reçoit de la nourriture, il actionnera ce levier plus souvent que le nombre de fois qu’il l’aurait fait spontanément.

Figure 3. Le conditionnement instrumental

Ainsi, l’animal pourrait être décrit comme « ayant appris » que, parmi un éventail de comportements, l’un d’entre eux, actionner le levier rouge (fig. 3) (le comportement conditionné), est suivi de nourriture, qui est alors reconnu comme récompense, c’est-à-dire la réponse conditionnée. Par cet apprentissage, il est probable que l’animal prendra des mesures appropriées lorsqu’il aura faim. Il a subi un conditionnement opérant ou instrumental, ce qui signifie que la réponse à sa recherche d’une récompense est l’instrument du renforcement du comportement. Il existe un lien mémoriel implicite entre un comportement et le résultat de ce comportement. Cet apprentissage se réalise donc par une expérimentation aléatoire (trial and error) : il s’agit du réflexe instrumental.

Il semble évident que le conditionnement est important pour comprendre les phénomènes environnementaux et pour agir de manière appropriée lorsqu’une intervention s’impose. Par exemple, lorsque nous observons ce que nous appelons la plasticité de l’adaptation de l’environnement, nous nous réalisons que la mémoire implicite joue un rôle important, amenant à ce que nous pourrions appeler la contextualisation écologique. Dans la figure 4, nous représentons un contexte environnemental simple où différentes formes de conditionnement peuvent se manifester.

Figure 4. L’importance de la mémoire implicite dans un contexte environnemental défini

Nous imaginons que, si pour des raisons environnementales le rapace disparaît, ceci impliquerait non seulement une différenciation du comportement de la proie, mais aussi un changement dans la configuration de l’environnement. C’est un exemple qui démontre que lorsqu’un comportement conditionné est modifié, un effet environnemental est prévisible.

En suivant les étapes de notre observation du conditionnement et des axes sémiologiques précédents, apparaissent des concepts tels que la contextualisation environnementale, la permissivité écologique et la zone de la signifiance écologique, sujets qui seront abordés ailleurs.

  • L’immunité

Dans la sémiologie que nous proposons, l’immunité est plus qu’un système de défense organique contre l’intrusion d’organismes externes, elle comprend un large éventail de mécanismes de protection qui, comme nous le savons, sont des piliers primordiaux de l’existence, configurés par ce que nous appelons triade existentielle : se nourrir, se protéger et se reproduire. L’étymologie du mot immunité nous dit comment ce mécanisme surgit dès l’apparition de la matière, donnant naissance à ce que nous pourrions appeler l’être immunique, c’est-à-dire l’être protégé par une réponse (physique, organique, identitaire, etc.) suite à l’intrusion de références externes. En effet, le munus[5], se référant à l’espace stérique occupé par l’être, est à l’origine de l’être muni de mécanismes de réponse à une intrusion d’une autre matière (biologique ou physique), référence (prédateur) ou identité (biocénose, société humaine). L’environnement ne peut pas être observé sans tenir compte de cette configuration ontologique, que ce soit dans le contexte de la biocénose ou de l’identité.

Si l’observation des mécanismes de protection physique et organique tels que l’agression, les aspects dissuasifs externes, l’odeur, etc. sont d’une grande importance pour l’étude des systèmes environnementaux, l’étude de l’immunologie organique (surtout à l’âge de l’insécurité immunologique) reste une priorité d’étude.

Discussion

L’objectif de la sémiologie humaine est de concevoir un cadre de recherche et d’étude de l’environnement, afin d’aboutir à une observation univoque de la phénoménologie environnementale liée à l’évolution et au développement de l’espèce humaine.

Quand ces observations se font dans un contexte historique, en commençant par la différenciation d’Homo habilis, nous pouvons représenter la progression du développement humain par un diagramme représentant une courbe exponentielle (Figure 5). Si ensuite nous comparons cette courbe à celle de l’effectivité géo-climatique et environnementale humaine, nous constatons qu’il y a un effet différé par rapport à celle du développement humain, mettant en évidence à la fois la progressivité et les termes de la capacité d’adaptation des systèmes biocénotiques et géo-climatiques.

Figure 5.  Progression historique des facteurs ontogéniques de l’espèce humaine et disparité ontologique. Apparition du point Khi, moment de basculement du développement humain

Nous pourrions avancer l’hypothèse que, à un moment donné, les deux courbes se croisent, traduit par ce que nous appelons le point Khi, phénomène qui aurait déjà eu lieu[6]. L’étude et la recherche, pour être durables, devraient donc prendre en compte cette nouvelle situation, vu que les capacités d’adaptation de l’environnement sont diminuées, voire épuisées (phase 3 de la SGA). L’environnement vital pour l’être humain, lui-même en situation d’inadaptation, deviendra problématique, supposant que les moyens de développement actuels ne pourront plus garantir un niveau d’alimentation et de protection suffisant. Alors il est admissible que des nouvelles mutations seront nécessaires pour permettre à l’espèce humaine de survivre.

Conclusions

Dans le questionnement au sujet de « L’Université face au défi de la durabilité », il importe de prendre en compte que l’éducateur est en permanence confronté à une importante variabilité, voire à une instabilité des données, qui se produisent à une époque où les événements environnementaux, socioéconomiques et géopolitiques changent (s’affolent) en permanence. Pour éviter cet écueil, nous proposons à l’éducateur la sémiologie humaine qui s’appuie sur des fondements de référence stables, tant dans leur configuration naturelle que dans leur traitement scientifique. C’est-à-dire proposer des outils sémiologiques, permettant de distinguer la phénoménologie environnementale, indépendamment de sa variabilité ou de son instabilité.

Vu que la sémiologie humaine s’appuie principalement sur des éléments issus de la recherche biologique, il importe dans un premier temps de traduire les sept axes d’observation en une sémantique générale applicable à tous les domaines de la recherche et de l’éducation de l’environnement.

Ensuite, il pourrait être recommandé d’expliciter les opportunités sémantiques offertes par la sémiologie humaine dans l’étude de l’effectivité de l’espèce humaine en général et de l’environnement en particulier. Nous pensons ici notamment à l’impact des systèmes de production.

Ensuite, ces étapes nous conduiront à une étude intégrale de l’environnement, à la fois dans son rôle d’environnement vital pour l’être humain, et dans sa réalité en tant qu’espace pour la biodiversité.

Enfin, avec ces outils d’étude et d’observation, dans un souci de durabilité, l’Université pourra se repositionner (de nouveau) comme espace de réflexion prioritaire sur les enjeux de l’environnement, tant comme maison (Oikos) où nous vivons (l’écologie) que comme maison où nous travaillons (l’économie).

Bibliographie

  • Bailly A., Dictionnaire Grec-Français, Hachette, Paris 1899
  • Coppens Y., Le présent du passé. L’actualité de l’histoire de l’homme, Odile Jacob, Paris, 2009
  • Hall E. T., La Dimension cachée, traducción por A. Petita, Seuil, Paris, 1971
  • Kandel E. R., Schwartz James H., Jessell Thomas M., Principles of Neural Science, International Edition, 4th edition, McGraw-Hill, Nueva York 2000
  • Pinckers L., Cuba, une réalité humaine, L’Harmattan, Paris, 2009
  • Pinckers L., Authenticités, Tome 1, L’Absolu, Montes de Oca, Hombourg, 2017
  • Rey A. (sous la direction de) Dictionnaire Historique de la Langue Française, LE ROBERT, Paris, 2010
  • Rizzolatti G., Sinigaglia C. (traduit par F. Anderson), Mirrors in the Brain. How our minds share actions and emotions, Oxford University Press, Nueva York, 2008
  • Selye H., The stress of live, versión revisada, Mc Graw-Hill, (©, Louise Drevet Selye), New York, 1978
  • Sherwood L., Physiologie humaine, deuxième édition, De Boeck, Bruxelles, 2006

[1] Syndrome du préfixe sin- venant du grec sun (συν) signifiant un ensemble d’éléments séparés, présents en même temps, et de -drome indiquant un mouvement, provenant du grec dramein (δραμειν), aoriste de trekhein (τρεχειν) courant dans toutes les directions.

[2] Nous pouvons faire ici la relation avec le concept de praxis qui, dans les sciences humaines, se réfère spécifiquement aux activités codifiées, à la manière générique de penser aux transformations de l’environnement naturel ou de l’environnement et des relations sociales.

[3] Cette observation est corroborée par l’observation de formes pathologiques du spectre de l’autisme ou de pathologies neurocognitives (maladie d’Alzheimer, démence, etc.).

[4] Ce conditionnement a été élucidé par Edward Lee Thorndike (1874-1949, USA), et explicité par Burrhus Frederic Skinner (1904-1990, USA). C’est grâce au travail remarquable du dernier et à son engagement dans les études des questions sociales régies par ce conditionnement que cette forme d’apprentissage s’appelle aussi « Reflexe de Skinner ».

[5] Le latin phonème munus vient de la racine mei– et signifie échanger, rendre réciproque ; avec le préfixe in- (double sens : pénétration et préfixe négatif) nous arrivons à l’être immun, un être réciproque qui se protège lui-même.

[6] Le point Khi correspondrait à la période couvrant la deuxième moitié du siècle dernier.